Affaire JCA–Abou Ossé : la FTF face au défi de l’application de son Code de discipline
L’affaire présumée de corruption et de manipulation du match entre la JCA et Abou Ossé FC fait beaucoup parler au Togo depuis quelques jours. Alors que les auditions ont débuté devant la Commission de discipline de la Fédération Togolaise de Football (FTF), l’attention se porte désormais sur l’application des dispositions disciplinaires en cas de faits avérés.
La Commission de discipline de la FTF s’est saisie du dossier et a convoqué, vendredi dernier( 9 octobre), neuf acteurs des deux clubs, dont des dirigeants et des joueurs de la JCA, afin de recueillir leurs explications. Selon des informations relayées au cours d’une émission sportive sur une radio locale, huit des neuf personnes convoquées ont répondu à l’invitation. L’entraîneur de la JCA aurait, quant à lui, été absent à cette audition.
Dans sa note de convocation, la Commission a précisé les motifs de la procédure : « Allégations de corruption, proposition financière, plainte, match JCA vs Abou-Ossé du 09 septembre 2026 de la dernière journée du championnat national de deuxième division masculine saison 2025-2026, dans la poule A ».
Cette rencontre s’était soldée par une victoire 1-0 d’Abou Ossé FC, club basé à Anié. Ce résultat avait permis à l’équipe de préserver sa place en deuxième division, au détriment d’Ifodjè FC d’Atakpamé.
À la suite des auditions, des informations relayées dans les médias ont fait état d’éléments qui auraient été présentés par certaines personnes entendues pour étayer leurs déclarations. Toutefois, en l’absence de conclusions officielles de la Commission de discipline, ces éléments ne permettent pas, à ce stade, de considérer les accusations comme établies.
Les regards sont donc tournés vers la FTF, dont les conclusions et les éventuelles décisions disciplinaires sont attendues. Au-delà de cette affaire, le dossier soulève une question essentielle : quelles sanctions le Code de discipline prévoit-il en cas de manipulation de matchs ou de compétitions ?
Que prévoit le Code de discipline de la FTF ?

La manipulation des matchs et des compétitions constitue une atteinte à l’intégrité du football. Pour lutter contre ces pratiques, le Code de discipline de la Fédération Togolaise de Football prévoit des sanctions à l’encontre des personnes reconnues responsables, ainsi que d’éventuelles conséquences sportives pour les clubs concernés.
Dans son chapitre II, intitulé « Comportement incorrect en match ou compétition », l’article 20 porte spécifiquement sur la « Manipulation de matchs et de compétitions de football ».
L’alinéa 1 dispose :
« Toute personne qui influence ou manipule illégalement – directement ou indirectement, par exécution ou omission d’un acte – le déroulement, le résultat ou tout autre aspect d’un match et/ou d’une compétition – ou qui conspire ou tente de le faire par quelque moyen que ce soit – est sanctionnée d’une interdiction d’au moins cinq ans d’exercer toute activité relative au football, ainsi que d’une amende d’au moins 500.000 FCFA. Dans les cas graves, l’interdiction d’exercer toute activité relative au football est prononcée pour une durée plus longue, voire à vie ».
L’alinéa 2 précise :
« Si un joueur ou un officiel est impliqué dans un comportement décrit à l’al. 1 du présent article, son association ou son club pourra voir le match concerné perdu par forfait ou être déclaré inéligible pour une autre compétition, sous réserve que l’intégrité de la compétition concernée soit préservée. Des mesures disciplinaires supplémentaires peuvent être imposées ».
Ainsi, si les faits de manipulation sont établis à l’issue de la procédure disciplinaire, les personnes reconnues responsables pourraient s’exposer aux sanctions prévues par le Code. Des conséquences sportives pourraient également toucher leur club, dans les conditions fixées par les textes applicables.
Dans cette affaire JCA–Abou Ossé, la décision de la Commission de discipline sera donc déterminante. Elle devra permettre de faire la lumière sur les accusations, dans le respect des règles disciplinaires et des droits des parties concernées.