SIMA 2026 : quand la musique africaine veut peser dans le monde

SIMA 2026 : quand la musique africaine veut peser dans le monde

 

Le Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone veut franchir un nouveau cap. Ce salon veut faire de la musique un véritable outil d’influence, de création de valeur et de rayonnement pour le continent.

Les notes ne suffisent plus. Dans une Afrique où les artistes conquièrent progressivement les scènes internationales, la musique entend désormais jouer un rôle plus large. Il s’agit de celui d’un instrument d’influence culturelle et économique. C’est tout l’enjeu de la troisième édition du Salon des Industries Musicales d’Afrique Francophone (SIMA), prévue les 12 et 13 novembre 2026 à Cotonou, au Bénin.

Placée sous le thème « Musique africaine : de la scène au pouvoir d’influence », l’édition 2026 entend interroger la capacité de la création musicale africaine à dépasser le simple cadre du divertissement pour devenir un levier de développement, de rayonnement et de soft power.

Cette ambition s’inscrit dans la continuité d’un rendez-vous qui a déjà réussi à fédérer un important écosystème professionnel. Lors de sa précédente édition, le SIMA avait réuni plus de 6 700 participants et plus de 3 000 professionnels. Pour cette nouvelle édition, producteurs, artistes, managers, labels, institutions, entrepreneurs et acteurs de la création sont appelés à poursuivre les réflexions autour de la structuration et de la compétitivité des industries musicales africaines.

De la visibilité à la puissance d’influence

Le changement de perspective est significatif. Alors que la musique africaine bénéficie d’une audience internationale grandissante, la question n’est plus seulement celle de sa visibilité, mais de sa capacité à transformer ce succès en valeur durable.

Derrière les concerts, les plateformes de streaming et les collaborations internationales se trouvent en effet des enjeux considérables : professionnalisation des métiers, droits d’auteur, développement des labels, financement, circulation des œuvres et accès aux marchés internationaux.

Le SIMA 2026 veut ainsi ouvrir un débat sur la manière dont les talents africains peuvent mieux convertir leur rayonnement culturel en opportunités économiques et en influence à l’échelle internationale.

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Cette réflexion intervient également dans un secteur en pleine mutation technologique. Intelligence artificielle, plateformes numériques, nouveaux formats de création et nouvelles habitudes de consommation bouleversent les modèles traditionnels de l’industrie musicale. Pour les acteurs africains, ces transformations représentent à la fois des défis et de nouvelles possibilités d’accéder directement à des publics mondiaux.

Cotonou, laboratoire d’une ambition continentale

Le choix de Cotonou pour accueillir une nouvelle fois le SIMA n’est pas anodin. Le Bénin cherche à renforcer la place des industries culturelles et créatives dans sa stratégie de transformation économique et de rayonnement international.

En accueillant cette rencontre panafricaine, Cotonou se positionne ainsi comme un espace de dialogue entre créateurs, professionnels, investisseurs et institutions autour d’un secteur dont le potentiel dépasse largement les frontières nationales.

Co-fondé en 2022 par l’entrepreneur culturel Mamby Diomandé et l’artiste-producteur Pit Baccardi, le SIMA s’est donné pour mission de connecter les différents acteurs de l’écosystème créatif africain et de contribuer à sa structuration.

L’édition 2026 veut désormais élargir cette dynamique. Dans un contexte où l’économie créative africaine est présentée comme susceptible de générer jusqu’à 20 millions d’emplois à l’horizon 2030, l’enjeu est de faire de la créativité un secteur capable de produire davantage de valeur, d’emplois et d’influence.

Avec le soutien de plusieurs acteurs institutionnels et privés, dont le ministère béninois de la Culture, le ministère du Tourisme et du Commerce extérieur du Bénin, l’Ambassade de France en Côte d’Ivoire, la Fondation BOAD, la SACEM, Sony Music et Warner Music Africa, le SIMA 2026 entend donc dépasser le cadre d’un simple salon professionnel.

Pendant deux jours, Cotonou sera appelée à devenir l’un des points de convergence d’une industrie musicale africaine qui cherche désormais à passer de la conquête des scènes à la conquête de l’influence.

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