King Mensah : 30 ans de musique, un retour aux racines
Le 6 décembre prochain, la « voix d’or » du Togo investira le Palais des congrès de Lomé avec « Dekonu », un concert qui célèbre trois décennies de carrière et rend hommage au patrimoine culturel togolais.
Trente ans de musique, une voix reconnaissable et un attachement indéfectible à ses racines. En 2026, King Mensah célèbre trois décennies de carrière avec un rendez-vous placé sous le signe de la tradition. Baptisé « Dekonu », qui signifie « tradition » dans une langue locale, ce concert annoncé pour le 6 décembre au Palais des congrès de Lomé se veut bien plus qu’une célébration musicale : une invitation à renouer avec l’héritage culturel togolais.
Surnommé la « voix d’or » du Togo, l’artiste entend faire de cette rencontre un moment de transmission entre les générations. À travers ses chansons, il porte un message fort : celui d’un peuple qui puise dans ses racines pour construire son avenir. « Un peuple qui oublie ses racines risque de perdre une part de son identité », rappelle-t-il, appelant à préserver les traditions, à honorer les anciens et à transmettre le patrimoine avec fierté.
Des racines traditionnelles à une carrière internationale
Derrière le nom de scène King Mensah se trouve Ayaovi Papavi Mensah, né à Lomé en 1971. Son histoire avec la musique commence dès l’enfance, au rythme des tam-tams et des spectacles traditionnels. À neuf ans, il fait ses premiers pas sur scène dans un ballet traditionnel. Il poursuit ensuite son parcours dans le théâtre populaire, avant de rejoindre, en 1991, la troupe du Village Ki-yi à Abidjan.
Cette expérience marque un tournant dans sa formation artistique. Les tournées l’emmènent notamment au Japon, au Danemark et à Paris, où il séjourne pendant une dizaine d’années. Mais malgré cette ouverture sur le monde, l’artiste reste profondément attaché à son identité culturelle. Une fidélité héritée notamment de son père, chanteur traditionnel, qui a éveillé en lui la passion de la musique.
En 1996, King Mensah franchit une étape décisive avec la sortie de son premier album, Madjo. D’autres œuvres suivent, parmi lesquelles Edidodo en 1998, Mensah, Mensah en 2000, Elom en 2002 et Yetonam en 2008. Au fil des albums, il construit un univers musical singulier, où les rythmes traditionnels togolais dialoguent avec des sonorités contemporaines.

La tradition comme signature musicale
L’originalité de King Mensah réside dans sa capacité à faire vivre les rythmes et les langues du terroir sur des scènes diverses. Puisant dans les patrimoines ewe, mina et kabyè, il mêle des rythmes comme l’agbadja au funk, au reggae et à l’afropop. Ses chansons, interprétées en ewe, en mina, en kabyè et en français, témoignent d’une volonté de faire rayonner les cultures togolaises au-delà des frontières.
Son parcours est également jalonné de distinctions. En 1997, il est désigné meilleur artiste togolais aux ACCP-Unesco. Trois ans plus tard, en 2000, il décroche le Kora Award du meilleur artiste traditionnel africain, une reconnaissance qui vient consacrer son engagement en faveur des musiques enracinées dans les traditions du continent.
Au-delà de la scène, un engagement humain
L’engagement de King Mensah ne se limite pas à la musique. Depuis 2005, sa fondation œuvre également en faveur des enfants, notamment à travers le soutien à un orphelinat situé près de Lomé. Une dimension sociale qui prolonge, autrement, sa volonté de contribuer à la transmission des valeurs et à la construction d’un avenir meilleur.
Avec « Dekonu », l’artiste entend ainsi réunir musique, mémoire et identité autour d’une même scène. Pour ses admirateurs comme pour les jeunes générations, le rendez-vous du 6 décembre s’annonce comme une occasion de célébrer un parcours de trente ans, mais aussi de redécouvrir la richesse d’un patrimoine qui continue de nourrir la création contemporaine.
Car, pour King Mensah, la tradition n’appartient pas seulement au passé : elle est une mémoire vivante, appelée à se transmettre, à se réinventer et à faire vibrer les générations futures.