Culture : l’artiste Baminla Lambony s’illustre autrement
En milieu de semaine dernière, la plage de Lomé, face à l’Ambassade d’Allemagne, a été le théâtre d’une œuvre puissante et engagée. L’artiste Baminla Lambony a présenté son installation-performance « La nature et l’artifice », une création qui a marqué les esprits et offert une critique viscérale de la pollution par les déchets plastiques.
Face à une centaine de personnes rassemblées sur le sable, le spectacle était à la fois beau et brutal. L’artiste a mis en scène un dialogue saisissant entre la beauté organique du littoral togolais et la laideur envahissante des sacs plastiques.
Une métaphore puissante et un appel à l’action
Le thème « La nature et l’artifice » a trouvé ici une résonance toute particulière. L’artifice n’était pas représenté par la technologie, mais par le symbole ultime de la consommation et du jetable : le plastique. Baminla Lambony a accroché des calebasses entre les tiges en bois qui scintillaient tragiquement au soleil. Elle a également créé une « marée » de sacs plastiques jaunes et noirs, simulant leur avancée inexorable vers l’océan.

« Mon intention était de montrer la violence de cette confrontation. Ici, à Lomé, l’artifice plastique étouffe littéralement la nature. Cette plage est notre patrimoine, et la voir se transformer en décharge est une blessure. Mon art est un cri d’alarme » explique l’artiste.
Un héritage au-delà de l’éphémère
Si l’installation n’existe plus, son message, lui, reste gravé. L’événement, qui s’est tenu de 14h à 17h, s’est conclu par une discussion informelle entre l’artiste et le public sur les gestes quotidiens pour réduire la pollution plastique.
L’action de Baminla Lambony s’inscrit dans un mouvement citoyen grandissant à Lomé pour préserver le littoral. En transformant les déchets en matière première artistique et en impliquant directement la communauté, elle a offert une démonstration puissante que l’art peut être une arme de sensibilisation massive et un catalyseur pour l’action écologique. Une performance éphémère, sans doute, mais dont l’écho résonnera longtemps dans les consciences.