Elim CAN 2027: le Togo n’a plus droit à l’attentisme

Elim CAN 2027: le Togo n'a plus droit à l'attentisme

 

Pendant que les meilleures sélections africaines profitent de la Coupe du monde 2026 pour mesurer leurs progrès face à l’élite du football mondial, le Togo est confronté à une autre réalité de préparer des éliminatoires qui pourraient enfin mettre un terme à plusieurs années de frustrations.

Depuis sa dernière participation à une Coupe d’Afrique des nations en 2017, les Éperviers enchaînent les campagnes inabouties. Les générations passent, les sélectionneurs se succèdent, mais le constat reste le même : le football togolais peine à retrouver sa place parmi les nations qui comptent sur le continent.

Le mois de septembre marquera une nouvelle étape. Les éliminatoires reprendront et, cette fois, la marge d’erreur sera extrêmement réduite. Les matchs amicaux disputés en juin, avec une victoire contre le Bénin et un match nul face à la Centrafrique, ont permis d’effectuer quelques réglages. Mais ils ne peuvent, à eux seuls, constituer une véritable préparation.

La question est désormais simple : le Togo est-il réellement prêt ?

Le sélectionneur Patrice Neveu lui-même reconnaît que le chantier est encore important. Lors de la publication de sa liste pour la fenêtre FIFA de juin, le technicien français a tenu un discours particulièrement lucide.

« Je sais qu’il y a encore beaucoup de travail à faire », a-t-il reconnu avant d’insister sur la nécessité de renouveler progressivement l’effectif, d’assumer certaines décisions fortes et surtout de clarifier définitivement le dossier des joueurs binationaux.

Son message traduit une volonté de mettre fin aux longues attentes qui ont souvent accompagné certains dossiers.

« Je ne souhaite plus annoncer des peut-être. Je veux être honnête… Après la Coupe du monde, je vais remettre une liste de joueurs que je vais personnellement rencontrer. À mon retour, je vous ferai part clairement des décisions. »

Cette déclaration montre que le sélectionneur souhaite enfin obtenir des réponses définitives. Depuis plusieurs années, le Togo espère convaincre plusieurs joueurs évoluant en Europe de rejoindre les Éperviers. Mais attendre indéfiniment des décisions qui tardent à venir ne permet pas de construire une sélection stable.

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Alors pour Patrice Neveu , chaque joueur est libre de choisir sa sélection nationale, mais le Togo ne peut plus bâtir ses ambitions sur des incertitudes.

« On a besoin de tout le monde pour se qualifier… mais je ne peux plus rester des mois en pensant qu’un joueur va venir et qu’au dernier moment il ne vient pas. »

Au-delà des binationaux, c’est toute l’organisation de la sélection qui devra gagner en efficacité.

Le suivi des joueurs doit être permanent. Une identité de jeu claire doit continuer à être développée. Le groupe doit gagner en stabilité et les décisions sportives devront être prises suffisamment tôt pour permettre aux joueurs d’arriver en sélection avec des automatismes.

Pendant ce temps, plusieurs nations africaines disputent la Coupe du monde. Le Sénégal, le Ghana, l’Algérie, l’Égypte, le Maroc ou encore le Cap-Vert démontrent qu’une progression durable repose avant tout sur une vision, une planification cohérente et un travail continu. Les succès actuels ne sont pas le fruit du hasard mais celui de plusieurs années d’investissements et de stabilité.

Le Togo peut également tirer des enseignements de cette dynamique. Le pays possède des joueurs talentueux, aussi bien dans le championnat local qu’à l’étranger. Le potentiel existe. Ce qui manque encore, c’est une continuité dans les choix, une meilleure anticipation et une politique sportive capable de dépasser les échéances immédiates.

À moins de la reprise des éliminatoires, le temps des constats touche à sa fin. Les supporters attendent désormais des actes. Ils veulent voir une équipe qui progresse, une fédération qui accompagne son sélectionneur dans ses choix et un projet capable de replacer durablement les Éperviers parmi les nations compétitives du continent.

Car les qualifications ne se gagnent pas uniquement sur le terrain. Elles se préparent bien avant le coup d’envoi.

Et pour le Togo, septembre ne doit pas marquer le début de la préparation, mais le moment où le travail effectué en amont commence enfin à produire des résultats.

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